{"id":620,"date":"2022-06-05T19:22:59","date_gmt":"2022-06-05T17:22:59","guid":{"rendered":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/?page_id=620"},"modified":"2023-10-11T17:25:21","modified_gmt":"2023-10-11T15:25:21","slug":"villiers-dans-les-archives-monographie-de-linstituteur","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/villiers-dans-les-archives-monographie-de-linstituteur\/","title":{"rendered":"Monographie de l&rsquo;instituteur &#8211; texte complet"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-center\">Monographie de A. Bournonville<br>Instituteur<br>1899<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Partie g\u00e9ographique<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><br>A dix kilom\u00e8tres environ au sud de Versailles, sur le penchant du coteau compris entre la vall\u00e9e de Bi\u00e8vres et celle de la M\u00e9rantaise, affluent de l\u2019Yvette, se trouve le petit village de Villiers-le-B\u00e2cle, entour\u00e9 par les communes de Toussus-le-Noble au nord, Saclay \u00e0 l\u2019est, Saint-Aubin au sud et Ch\u00e2teaufort \u00e0 l\u2019ouest.<\/p>\n\n\n\n<p>Villiers-le-B\u00e2cle fait partie du canton de Palaiseau ; il compte 235 habitants d\u2019apr\u00e8s le recensement de 1896 et est compos\u00e9 de 51 maisons situ\u00e9es moiti\u00e9 sur le plateau et moiti\u00e9 en vall\u00e9e, d\u2019o\u00f9 la d\u00e9nomination de ces deux parties : le Haut et la Vall\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plateau, \u00e0 une altitude de 100 m\u00e8tres environ, se trouve le centre du village. Une grande place gazonn\u00e9e d\u2019un demi-hectare environ avec un peuplier magnifique au milieu et entour\u00e9e par la mairie et une autre maison au sud, une ferme \u00e0 l\u2019est, deux maisons au nord et \u00e0 l\u2019ouest, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la route de Versailles \u00e0 Gif qui la longe de ce c\u00f4t\u00e9, des hangars d\u00e9pendant de la ferme, voil\u00e0 ce que l\u2019on peut appeler le noyau de Villiers-le-B\u00e2cle.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0 le rendez-vous g\u00e9n\u00e9ral ; c\u2019est l\u00e0 que se tient la f\u00eate du village ; c\u2019est l\u00e0 que le dimanche s\u2019\u00e9tablissent les distractions communes : jeu de tamis pour les uns<sup>1<\/sup>, palet pour les autres, en attendant le bal champ\u00eatre du soir. Tout cela autour du peuplier, de l\u2019arbre de la libert\u00e9 comme disent les habitants. Cet arbre plant\u00e9 en 1793 ne mesure pas moins de 2m50 de circonf\u00e9rence \u00e0 la base et de 25 m\u00e8tres de hauteur ; c\u2019est une des choses remarquables de Villiers-le-B\u00e2cle, d\u2019autant plus qu\u2019aujourd\u2019hui on ne rencontre que tr\u00e8s rarement ces vestiges de l\u2019\u00e9poque la plus m\u00e9morable de notre histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>La maison commune, situ\u00e9e sur la place, est compos\u00e9e de deux corps de b\u00e2timent, d\u2019une longueur de 20 m\u00e8tres, avec fa\u00e7ade vers l\u2019ouest ; le premier comprend un rez-de-chauss\u00e9e o\u00f9 se trouvent la mairie et une partie du logement de l\u2019instituteur, un premier \u00e9tage compos\u00e9 de 4 chambres et un grenier ; le second, d\u2019une construction r\u00e9cente, ne comprenant qu\u2019un rez-de-chauss\u00e9e et adoss\u00e9 au premier au sud, est l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p>Les autres maisons de Villiers-le-B\u00e2cle sont diss\u00e9min\u00e9es par groupes de trois ou quatre, sur une longueur de plus d\u2019un kilom\u00e8tre, le long de la route de Versailles \u00e0 Gif. <\/p>\n\n\n\n<p>Ces maisons, de ch\u00e9tive apparence, d\u00e9notent \u00e0 premi\u00e8re vue une population malheureuse ; \u00e0 part quelques exceptions, elles n\u2019ont qu\u2019un rez-de-chauss\u00e9e et pour la plupart ne comprennent que deux pi\u00e8ces. A cot\u00e9 de ces demeures ouvri\u00e8res, Villiers-le-B\u00e2cle poss\u00e8de un ch\u00e2teau remarquable, r\u00e9sidence du maire actuel et deux grandes fermes, l\u2019une dont il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 question, situ\u00e9e pr\u00e8s de la mairie, au centre du village, l\u2019autre, la ferme de Voisins-le-Thuit, situ\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 ouest du terroir de la commune de Ch\u00e2teaufort.<\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re la premi\u00e8re de ces fermes, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du ch\u00e2teau, dont elle n\u2019\u00e9tait autrefois qu\u2019une chapelle, se trouve l\u2019\u00e9glise, v\u00e9ritable type d\u2019\u00e9glise de campagne, entour\u00e9e du cimeti\u00e8re avec un petit clocher pointu sur le devant.<\/p>\n\n\n\n<p>Aucune ligne de chemin de fer ne dessert la commune ; la gare la plus proche, celle de Gif, sur la ligne de Paris \u00e0 Limours, se trouve \u00e0 plus de cinq kilom\u00e8tres de distance. Trois routes et trois chemins vicinaux sillonnent le territoire de Villiers-le-B\u00e2cle et relient le village aux communes voisines :<br>1 Le chemin de Grande Communication n\u00b036 de Versailles \u00e0 Pithiviers<br>2 Le chemin de Grande Communication n\u00b036 de Palaiseau \u00e0 Trappes<br>3 Le chemin de Grande Communication n\u00b095 de Ch\u00e2teaufort \u00e0 Orsay<br>4 Le chemin vicinal n\u00b01 de Villiers-le-B\u00e2cle \u00e0 Gif<br>5 Le chemin vicinal n\u00b05 de Villiers \u00e0 Saint-Aubin<br>6 Le chemin vicinal n\u00b06 de Villiers \u00e0 la route de Palaiseau \u00e0 Trappes<\/p>\n\n\n\n<p>Un service de correspondance par voiture est \u00e9tabli entre Versailles et Ch\u00e2teaufort avec arr\u00eat \u00e0 Toussus-le-Noble. <\/p>\n\n\n\n<p>Ajoutons pour terminer cette description succincte que le terroir de Villiers-le-B\u00e2cle est travers\u00e9 dans toute son \u00e9tendue de l\u2019ouest \u00e0 l\u2019est par une des \u00ab rigoles \u00bb. On appelle ainsi des tranch\u00e9es de deux \u00e0 trois m\u00e8tres de largeur et d\u2019un \u00e0 deux m\u00e8tres de profondeur creus\u00e9es sur les ordres de Louis XIV, lors des grand travaux qu\u2019il fit ex\u00e9cuter pour conduire \u00e0 Versailles les eaux des \u00e9tangs de Saclay et du Trou Sal\u00e9 et destin\u00e9es \u00e0 recueillir les \u00e9gouts des terres pour alimenter les dits \u00e9tangs ; la rigole de Villiers-le-B\u00e2cle passe au nord de la place publique ; ses eaux se rendent dans l\u2019\u00e9tang de Saclay.<\/p>\n\n\n\n<p>La superficie du terroir de Villiers-le-B\u00e2cle est de 580 hectares r\u00e9partis en 422 hectares de terres labourables, 112 hectares de bois o\u00f9 le ch\u00eane et le ch\u00e2taignier dominent, 42 hectares de pr\u00e9s et 4 hectares de b\u00e2timents et cours. Except\u00e9 une dizaine d\u2019hectares situ\u00e9s sur le penchant du coteau et appartenant \u00e0 quelques petits cultivateurs qui y font des fraisiers et des haricots, toute la superficie cultiv\u00e9e est exploit\u00e9e par les deux fermes. L\u2019une compte 250 hectares environ, l\u2019autre \u00e0 peu pr\u00e8s Toutes ces terres, de nature argileuse, sont situ\u00e9es sur le plateau et donnent chaque ann\u00e9e des r\u00e9coltes abondantes. Le bl\u00e9, l\u2019avoine, les betteraves sont les principales cultures. En moyenne, on y fait par an 150 hectares de bl\u00e9 dont le rendement approximatif est de 5 000 hectolitres, 100 hectares d\u2019avoine produisant 4 500 hectolitres, 100 hectares de betteraves fournissant 40 000 quintaux de racines. Ces betteraves sont distill\u00e9es dans l\u2019une des deux fermes qui produit chaque ann\u00e9e une moyenne de 1 200 hectolitres d\u2019alcool. Outre ces trois cultures dominantes, citons encore comme production importante le foin que l\u2019on retire des prairies situ\u00e9es dans la vall\u00e9e, soit \u00e0 peu pr\u00e8s 2 000 quintaux par an et le bois produit sur les coteaux environnants.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, mentionnons comme production min\u00e9rale, le pav\u00e9 et les pierres meuli\u00e8res extraits des carri\u00e8res qui se trouvent sur le plateau faisant face \u00e0 la commune, au sud de la M\u00e9rantaise.<\/p>\n\n\n\n<p>On compte \u00e0 Villiers-le-B\u00e2cle 50 b\u0153ufs et 44 chevaux de travail ; les deux fermes figurent dans ces nombres pour 50 b\u0153ufs et 24 chevaux ; elles poss\u00e8dent en outre une dizaine de vaches \u00e0 lait, un millier de moutons et une grande quantit\u00e9 de volailles de toutes sortes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gibier, et principalement le li\u00e8vre, est tr\u00e8s abondant sur le territoire de la commune o\u00f9 les deux principaux propri\u00e9taires organisent chaque ann\u00e9e une quinzaine de battues fournissant chacune une moyenne de 50 pi\u00e8ces de gibier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><br>Esquisse historique<\/p>\n\n\n\n<p><br>Avant le treizi\u00e8me si\u00e8cle, la commune de Villiers ne portait que le nom de Villiers (en latin, villare, petit village). Le B\u00e2cle est le nom d\u2019un chevalier du 13e si\u00e8cle qui fit acquisition<strong><em> <\/em><\/strong>du fief principal en 1310 ; et Jean le B\u00e2cle ayant fait \u00e9tablir par ses lib\u00e9ralit\u00e9s une cure dans la chapelle de ses anc\u00eatres situ\u00e9e \u00e0 Villiers pr\u00e8s de Ch\u00e2teaufort, c\u2019est pour cette raison que ce Villiers prit le nom de le B\u00e2cle.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s les d\u00e9nombrements de l\u2019\u00e9lection de Paris, la commune comptait en 1709, 44 feux, en 1726, 126 habitants, en 1745, 26 feux ; aujourd\u2019hui, comme il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 dit, elle a une population de 235 habitants.<\/p>\n\n\n\n<p>La terre de Villiers-le-B\u00e2cle \u00e9tait sous l\u2019emprise de la coutume de Paris, sous le ressort du Parlement de Paris, de l\u2019\u00e9lection de Paris, du grenier \u00e0 sel de Versailles. Elle relevait du roi \u00e0 cause de son donjon de Ch\u00e2teaufort ; celle de Voisins-le-Thuit qui fait partie de la commune relevait du seigneur d\u2019Orsay et d\u2019autres portions des dames de Port-Royal, du grand Prieur de France, des C\u00e9lestins, des religieux de Ste Croix de la Bretonnerie.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019abbaye de Port-Royal l\u2019eut curieusement en 1270 pour \u00e9change d\u2019une ferme avec Amaury de Meudon.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un m\u00e9moire imprim\u00e9 en 1735, le seigneur de Voisins-le-Thuit est dit gros D\u00e9cimateur de la plus grande partie, conjointement avec les religieuses de l\u2019abbaye de Gif et de Port-Royal. Enfin, en 1765, Monsieur Anjorrant de Tracy, conseiller au Parlement, devint propri\u00e9taire des diff\u00e9rents fiefs composant la terre et seigneurie de Villiers-le-B\u00e2cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Disons quelques mots de chacun des fiefs en particulier. La terre et seigneurie de Villiers-le-B\u00e2cle \u00e9tait compos\u00e9e des fiefs de Villiers-Presles ou plut\u00f4t Villiers-le-B\u00e2cle, de Montigny, du Roi, du Moulin Neuf, de la Girauldi\u00e8re, des Quatre Noyers, de la Poullaillerie, du Mesnil-Blondel, de M\u00e9rantais et d\u2019Orsigny.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fief de Montigny a \u00e9t\u00e9 attach\u00e9e de tout temps la justice haute, moyenne et basse ; la justice sur les autres fiefs appartenait au roi. En 1693, Mr de Bartillat, garde du tr\u00e9sor royal, qui avait r\u00e9uni la plus grande partie des autres fiefs, obtint du roi la concession de la haute, moyenne et basse justice sur tout ce qu\u2019il poss\u00e9dait.<\/p>\n\n\n\n<p>1\u00b0 Fief de Villiers-le-B\u00e2cle. Ce fief, le plus important de tous, avait pour centre le Ch\u00e2teau. Poss\u00e9d\u00e9 par Jean-le-B\u00e2cle, qui lui donna son nom, de 1310 \u00e0 1332 ; il devint en 1403 la propri\u00e9t\u00e9 de Jean de Presles. M. Anjorrant de Tracy l\u2019acquit en 1765. Un proc\u00e8s-verbal de ventilation du revenu de la terre de Villiers-le-B\u00e2cle portant la date de 1735, nous donne la description du ch\u00e2teau tel qu\u2019il \u00e9tait alors. Il consistait en un corps de logis simple avec deux pavillons en ailes sur le jardin et deux autres semblables sur la cour, \u00e9lev\u00e9 d\u2019un \u00e9tage au dessus du rez-de-chauss\u00e9e et couvert en mansardes, avec cour pav\u00e9e tant par devant que par derri\u00e8re, le tout environn\u00e9 de foss\u00e9s rev\u00eatus de ma\u00e7onnerie, sans eau, sur lesquels sont deux ponts qui les traversent, l\u2019un pour communiquer au jardin, l\u2019autre \u00e0 une avant-cour plant\u00e9e de tilleuls \u00e0 gauche de laquelle est une basse-cour compos\u00e9e d\u2019un logement pour le jardinier, de quatre remises, d\u2019une grande \u00e9curie capable de contenir vingt-quatre chevaux au moins, la dite basse-cour ferm\u00e9e d\u2019une grille de fer faisant sym\u00e9trie avec une autre grille de fer servant d\u2019entr\u00e9e au parc plant\u00e9 d\u2019all\u00e9es d\u2019arbres de hautes futaies, de parterres, de gazons avec un potager, le tout contenant 14 arpents.<\/p>\n\n\n\n<p>Le ch\u00e2teau existe encore aujourd\u2019hui mais il a \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9 ; les foss\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 combl\u00e9s et le parc consid\u00e9rablement agrandi.<\/p>\n\n\n\n<p>Du fief de Villiers-le-B\u00e2cle, relevaient les fiefs du Mesnil-Blondel et de M\u00e9rantais et un autre situ\u00e9 \u00e0 Gif. Les fiefs de l\u2019Orme, situ\u00e9s \u00e0 Saclay, relevaient \u00e9galement de celui de Villiers : ils consistaient suivant les aveux de 1300, 1400 et 1500 en 90 arpents de terre.<\/p>\n\n\n\n<p>2\u00b0 Fief de Montigny. Ce fief dont le chef-lieu \u00e9tait dans ce qui forme aujourd\u2019hui les Potagers, relevait du fief du Mesnil-Blondel. Jean de Montigny, \u00e9cuyer du duc d\u2019Orl\u00e9ans poss\u00e9dait ce fief en 1404 ; ce fut lui qui lui donna son nom . Mr Anjorrant de Tracy l\u2019acquit en 1765. De ce fief en relevait un autre situ\u00e9 \u00e0 Villeneuve-le-Roi et appartenant aux Chartreux. La ferme de Montigny et d\u00e9pendances avec 140 arpents de terre \u00e9tait lou\u00e9e en 1570, d\u2019apr\u00e8s un bail portant cette date, moyennant 12 setiers de grain, deux parts de bl\u00e9, un tiers d\u2019avoine (mesures de Ch\u00e2teaufort), 6 poulets, 6 chapons, 2 pourceaux gras, 2 douzaines de pigeons.<\/p>\n\n\n\n<p>3\u00b0 Fief du Roi. Ainsi nomm\u00e9 parce qu\u2019il relevait anciennement du roi, ce fief situ\u00e9 aux environs de la ferme actuelle de Voisins-le-Thuit, appartint longtemps aux seigneurs du comt\u00e9 de Ch\u00e2teaufort parmi lesquels il faut citer Guillaume de Voisin, 1493 (d\u2019o\u00f9 vient le nom de Voisin-le-Thuit) ; puis en 1693 passa aux dames de la maison royale de Saint-Louis de Saint-Cyr et enfin en 1765 fut acquis par Mr Anjorrant.<\/p>\n\n\n\n<p>4\u00b0 Fief du Moulin Neuf. Ce fief situ\u00e9 dans la vall\u00e9e de la M\u00e9rantaise consistait en un moulin \u00e0 eau, b\u00e2timents, cour, jardin et d\u00e9pendances ; il relevait de la seigneurie de Limours. Le plus ancien seigneur connu par les titres est Jean de Presles vers 1400, il fut ensuite poss\u00e9d\u00e9 par les seigneurs de Villiers-le-B\u00e2cle.<\/p>\n\n\n\n<p>5\u00b0 Fief de la Girauldi\u00e8re Il \u00e9tait situ\u00e9 aux environs du moulin des Vassaux, \u00e0 l\u2019ouest du Moulin Neuf et relevait du fief de Villiers-le-B\u00e2cle auquel il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9uni en 1512 par l\u2019acquisition qu\u2019en a faite d\u2019Albiat, seigneur de Villiers, conseiller au Parlement. Depuis il fut poss\u00e9d\u00e9 par les seigneurs de Presles.<\/p>\n\n\n\n<p>6\u00b0 Fief des Quatre Noyers. Ce fief \u00e9tait situ\u00e9 au lieu portant actuellement le nom de Remise de Villiers. Il consistait en 36 arpents de terre et fut \u00e9rig\u00e9 en 1490 par Pierre de Voisin, seigneur de Voisin-le-Thuit en faveur de Jean de Jamart, \u00e9cuyer, seigneur de Saint-Marc. R\u00e9uni aux autres fiefs de Villiers par Bartillat, garde du tr\u00e9sor royal sous Louis XIV, il en fut s\u00e9par\u00e9 en 1709 puis r\u00e9uni de nouveau et d\u00e9finitivement par Anjorrant de Tracy en 1765.<\/p>\n\n\n\n<p>7\u00b0 Fief de la Poulaillerie. Situ\u00e9 sur le terroir d\u2019Orsigny, au nord de la route de Villiers-le-B\u00e2cle \u00e0 Saclay, ce fief relevait des C\u00e9lestins de Paris. Jean de Presles, seigneur de Villiers, le r\u00e9unit \u00e0 son fief en 1412.<\/p>\n\n\n\n<p>8\u00b0 Fiefs du Mesnil-Blondel, de M\u00e9rantais et d\u2019Orsigny. Peu de chose \u00e0 dire de ces fiefs, aucun titre n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9. On sait seulement qu\u2019ils furent r\u00e9unis \u00e0 des \u00e9poques diff\u00e9rentes au fief de Villiers-le-B\u00e2cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 1765 jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution, tous ces fiefs se trouv\u00e8rent r\u00e9unis entre les mains d\u2019un m\u00eame propri\u00e9taire, Mr Anjorrant.<\/p>\n\n\n\n<p>Rien de particulier \u00e0 dire sur la R\u00e9volution, aucun document relatif \u00e0 cette p\u00e9riode n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 ni \u00e0 la mairie, ni ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment de la Restauration, nous retrouvons la plus grand partie de ce qui composait les anciens fiefs de Villiers-le-B\u00e2cle sauf ceux du Roi, de la Girauldi\u00e8re, du Mesnil-Blondel et d\u2019Orsigny qui pass\u00e8rent \u00e0 diff\u00e9rents propri\u00e9taires, en la possession du comte Desmontiers de M\u00e9renville, lequel c\u00e9da \u00e0 la commune, en \u00e9change d\u2019un chemin traversant son parc, la mairie actuelle, plus la place publique sur laquelle fut creus\u00e9e la citerne que l\u2019on y remarque actuellement. Enfin ce domaine passa entre les mains de Mr Caillat qui le poss\u00e8de encore aujourd\u2019hui et qui est maire de Villiers-le-B\u00e2cle depuis plus de quarante ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><br>Instruction publique<\/p>\n\n\n\n<p><br>L\u2019\u00e9cole de Villiers-le-B\u00e2cle \u00e9tait, il n\u2019y a pas encore 50 ans, une chaumi\u00e8re qui aujourd\u2019hui a disparu et qui \u00e9tait situ\u00e9e pr\u00e8s de l\u2019\u00e9glise, en face du presbyt\u00e8re actuel. Cette chaumi\u00e8re servait de mairie et d\u2019\u00e9cole. C\u2019\u00e9tait l\u00e0, dans une petite pi\u00e8ce mal \u00e9clair\u00e9e, humide, non carrel\u00e9e que les enfants venaient apprendre les premi\u00e8res notions de lecture, d\u2019\u00e9criture et de calcul. Il est probable que c\u2019est l\u00e0 que l\u2019\u00e9cole fut install\u00e9e d\u00e8s l\u2019origine. Les archives de la mairie ne contiennent aucun renseignement relatif \u00e0 sa fondation et \u00e0 ses d\u00e9buts. Ce n\u2019est qu\u2019en 1844 qu\u2019on trouve la premi\u00e8re d\u00e9lib\u00e9ration du Conseil municipal y ayant trait. Le comit\u00e9 sup\u00e9rieur du canton de Palaiseau, dans ses notes sur la situation des \u00e9coles du canton, ayant signal\u00e9 au Pr\u00e9fet l\u2019insalubrit\u00e9 de l\u2019\u00e9cole de Villiers-le-B\u00e2cle et le manque de livres, celui-ci avait invit\u00e9 le Conseil municipal \u00e0 rem\u00e9dier \u00e0 cette triste situation et \u00e0 voter des fonds pour l\u2019achat de livres indispensables \u00e0 l\u2019enseignement. Les membres du Conseil exposent qu\u2019il est impossible de se procurer un autre local, que celui qui sert pourrait \u00eatre rendu plus sain au moyen d\u2019un carrelage, en donnant plus de largeur aux crois\u00e9es et en faisant quelques r\u00e9parations aux murs et au plafond ; mais que la d\u00e9pense s\u2019\u00e9l\u00e8verait alors \u00e0 350 francs et que la commune ne peut s\u2019imposer une pareille somme. Cependant, il \u00e9tait impossible qu\u2019un tel \u00e9tat de choses subsist\u00e2t plus longtemps. Non seulement la salle de classe \u00e9tait tout \u00e0 fait d\u00e9fectueuse, mais le mobilier scolaire lui-m\u00eame se r\u00e9duisait \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 rien. Voici, d\u2019apr\u00e8s un inventaire authentique portant la date du 16 mai 1854, en quoi il consistait : 2 tables, 4 bancs dont un \u00e0 r\u00e9parer, 23 tableaux de lecture presque illisibles, 1 tableau noir, 1 croix sans Christ, une carte murale, livres n\u00e9ant.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9lib\u00e9ration du Conseil municipal ne faisait qu\u2019\u00e9carter la question sans la r\u00e9soudre ; aussi, toujours sur les instances du Comit\u00e9 sup\u00e9rieur du  canton, le Pr\u00e9fet demanda-t-il une solution imm\u00e9diate. Dans sa r\u00e9union du mois d\u2019ao\u00fbt 1845, le Conseil expose de nouveau que la commune endett\u00e9e par suite des r\u00e9parations qu\u2019elle vient de faire \u00e0 l\u2019\u00e9glise, est dans l\u2019impossibilit\u00e9 de faire le moindre sacrifice pour l\u2019\u00e9cole et demande \u00e0 Mr le Pr\u00e9fet de lui accorder un secours de 307 francs, montant de la somme n\u00e9cessaire tant \u00e0 l\u2019assainissement de la salle de classe qu\u2019\u00e0 l\u2019achat de mobilier et de livres.<\/p>\n\n\n\n<p>Le secours fut accord\u00e9 en partie et les r\u00e9parations les plus urgentes purent \u00eatre faites. On resta ainsi jusqu\u2019en 1854, \u00e9poque \u00e0 laquelle le local fut enfin interdit par arr\u00eat\u00e9 pr\u00e9fectoral, pour cause d\u2019insuffisance et d\u2019insalubrit\u00e9, et la commune mise en demeure de se pourvoir d\u2019une autre salle convenable.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est alors que Mr le comte Desmonstiers, propri\u00e9taire du ch\u00e2teau, offrit \u00e0 cet effet, ce qui fut accept\u00e9 par le Conseil municipal, une maison et un jardin en \u00e9change d\u2019un chemin rural traversant son parc du nord au sud. Cette maison est la maison communale actuelle. L\u2019\u00e9cole fut install\u00e9e dans la salle qui sert aujourd\u2019hui de mairie, celle-ci \u00e9tant au premier \u00e9tage ; cette pi\u00e8ce d\u2019une longueur de 7m50 sur 3m60 de large et 2m80 de haut est propre, \u00e9clair\u00e9e par deux fen\u00eatres sur le derri\u00e8re et une porte vitr\u00e9e sur le devant. C\u2019\u00e9tait, sans contredit, un progr\u00e8s \u00e9norme qui venait d\u2019\u00eatre fait, bien qu\u2019au point de vue hygi\u00e9nique, ce local fut encore de beaucoup insuffisant pour les 30 \u00e0 35 \u00e9l\u00e8ves qu\u2019il \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 recevoir. Ce nombre d\u2019\u00e9l\u00e8ves s\u2019accroissant de plus en plus, il arriva qu\u2019en 1868, la commune, press\u00e9e par l\u2019Administration, se vit encore dans la n\u00e9cessit\u00e9 de se pourvoir d\u2019une salle de classe plus grande. Par une d\u00e9lib\u00e9ration en date du 15 mars 1868, le Conseil d\u00e9cide d\u2019en construire une attenant \u00e0 la mairie c\u00f4t\u00e9 sud, dans le jardin de l\u2019instituteur transform\u00e9 depuis en cour de r\u00e9cr\u00e9ation. C\u2019est la salle de classe d\u2019aujourd\u2019hui. Construite pour contenir de 40 \u00e0 45 \u00e9l\u00e8ves, gar\u00e7ons et filles, ce nombre n\u2019 a jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9 depuis 1869.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019installation mat\u00e9rielle est bonne. Parfaitement \u00e9clair\u00e9e par quatre grandes fen\u00eatres situ\u00e9es deux \u00e0 l\u2019est et deux \u00e0 l\u2019ouest, ainsi que par une porte vitr\u00e9e au sud, a\u00e9r\u00e9e au moyen de vasistas plac\u00e9s au-dessus des fen\u00eatres, soustraite \u00e0 toute vue et \u00e0 tout bruit \u00e9trangers pouvant distraire les enfants, la salle de classe d\u2019un volume de 17 m\u00e8tres cubes est saine, propre et pourvue d\u2019un mobilier en bon \u00e9tat. Inutile, pensons-nous, d\u2019entrer dans le d\u00e9tail des diff\u00e9rents objets composant ce mobilier ; mentionnons seulement la biblioth\u00e8que scolaire cr\u00e9\u00e9e en 1874 et comptant aujourd\u2019hui 123 volumes qui ne sont malheureusement lus de personne, si ce n\u2019est des enfants qui fr\u00e9quentent l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p>Une cour de r\u00e9cr\u00e9ation close de murs, plant\u00e9e d\u2019arbres et d\u2019une surface de 210 m\u00e8tres carr\u00e9s s\u2019\u00e9tend au sud et \u00e0 l\u2019est de l\u2019\u00e9cole ; c\u2019est cette partie de terrain qui servait autrefois de jardin \u00e0 l\u2019instituteur ; aujourd\u2019hui, un petit champ situ\u00e9 hors du village en tient lieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Les 40 enfants qui fr\u00e9quentent l\u2019\u00e9cole sont r\u00e9partis en 3 cat\u00e9gories : division enfantine ou cours pr\u00e9paratoire, cours \u00e9l\u00e9mentaire et cours moyen. Leur travail et leur tenue sont satisfaisants. Deux \u00e9l\u00e8ves, en moyenne, obtiennent chaque ann\u00e9e leur certificat d\u2019\u00e9tudes primaires. La fr\u00e9quentation scolaire laisse beaucoup \u00e0 d\u00e9sirer : du mois de mai, \u00e9poque o\u00f9 commence la cueillette des fraises jusqu\u2019apr\u00e8s l\u2019arrachage des betteraves, c\u2019est-\u00e0-dire au mois de novembre, les absences sont nombreuses. La loi du 28 mars 1882 est ici lettre morte : la commission scolaire ne se r\u00e9unit jamais et l\u2019instituteur ne peut rien faire pour combattre cet \u00e9tat de choses. S\u2019il fait observer \u00e0 des parents que leur enfant manque trop souvent l\u2019\u00e9cole, on lui r\u00e9pond que la famille est malheureuse, que l\u2019enfant travaille, qu\u2019il faut avant tout gagner de l\u2019argent. Heureux si on ne lui r\u00e9pond pas comme certain p\u00e8re : \u00ab moi, je ne sais ni lire, ni \u00e9crire ; cela ne m\u2019emp\u00eache pas de manger du pain \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Vingt-un instituteurs se sont succ\u00e9d\u00e9s \u00e0 Villiers-le-B\u00e2cle depuis 1835 ; voici leurs noms avec la date de leur nomination : 1. Ferton,1835 ; 2. Maze, 10 avril 1836 ; 3. Berthiaux, 1838 ; 4. Bergues, 15 janvier 1842 ; 5. Michel, 23 septembre 1845 ; 6. Bouch\u00e9, 3 novembre 1845 ; 7. Lef\u00e8vre, 21 mars<br>1859 ; 8. R\u00e9gnier, 25 janvier 1861 ; 9. Lair, 1er janvier 1866 ; 10. Delt\u00eate, 27 avril 1867 ; 11. Vasseur, 5 janvier 1872 ; 12. Langelle, 15 septembre 1874 ; 13. Lallier, 1er avril 1877 ; 14. Reusse, 30 mars 1878 ; 15. Guillochin, novembre 1880 ; 16. M\u00e9nard, 21 f\u00e9vrier 1884 ; 17. Ozanne, 1er<br>octobre 1884 ; 18. Vinot, 13 octobre 1891 ; 19. Gossiome, 29 septembre 1893 ; 20. Boullet, 1er octobre 1896 ; 21. Bournonville, 10 f\u00e9vrier 1899.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Plan g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;\u00e9cole et plan de la classe<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"511\" height=\"676\" src=\"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/photo-e\u0301cole-monographie-instit.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-631\" srcset=\"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/photo-e\u0301cole-monographie-instit.jpg 511w, https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/photo-e\u0301cole-monographie-instit-227x300.jpg 227w\" sizes=\"auto, (max-width: 511px) 100vw, 511px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><sup>1<\/sup> Il s&rsquo;agit d&rsquo;un jeu de balle collectif issu du jeu de paume. Il se situe entre la longue paume et la balle \u00e0 main nue.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/monographie-de-linstituteur-preambule\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/monographie-de-linstituteur-preambule\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Acc\u00e9der au pr\u00e9ambule<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Monographie de A. BournonvilleInstituteur1899 Partie g\u00e9ographique A dix kilom\u00e8tres environ au sud de Versailles, sur le penchant du coteau compris entre la vall\u00e9e de Bi\u00e8vres et celle de la M\u00e9rantaise, affluent de l\u2019Yvette, se&#46;&#46;&#46;<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-620","page","type-page","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/620","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=620"}],"version-history":[{"count":32,"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/620\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":829,"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/620\/revisions\/829"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=620"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=620"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=620"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}