{"id":405,"date":"2022-02-23T06:12:51","date_gmt":"2022-02-23T05:12:51","guid":{"rendered":"http:\/\/evangeo.com\/villiers\/?page_id=405"},"modified":"2023-10-15T23:42:49","modified_gmt":"2023-10-15T21:42:49","slug":"villiers-dans-les-archives-aujourdhui-les-fermes-du-plateau","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/villiers-dans-les-archives-aujourdhui-les-fermes-du-plateau\/","title":{"rendered":"Les fermes du plateau"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-luminous-vivid-amber-background-color has-background\"><em>Proposition : on pourrait illustrer cet article par une double page centrale du plan de Villiers de 1768, le plan terrier no1 du centre du village identifiant 4 fermes : la grande ferme, la ferme de Port Royal, la maison et jardin Deshaye qui fut une ferme, et la petite ferme, d\u00e9sormais dans l\u2019enceinte du ch\u00e2teau.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Villiers&nbsp;: du latin \u00ab&nbsp;Villare&nbsp;\u00bb, qui vient de villa, l\u2019unit\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 la campagne chez les Romains. Un domaine rural dont les fouilles en cours nous apporteront peut-\u00eatre la premi\u00e8re localisation du centre. Pour celui que nous connaissons, il s\u2019agit d\u2019occupations fort anciennes autour de la grande ferme actuelle donnant sur la \u00ab&nbsp;grande rue&nbsp;\u00bb, qui prolongeait la rue de la Huchette jusqu\u2019au cimeti\u00e8re (cf. plan terrier de 1768 n\u00b0 1). Que sait-on de ces fermes du plateau ?<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Au d\u00e9part, une histoire d\u2019eaux<\/h2>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00ab Mare malheureuse \u00bb,&nbsp; \u00ab&nbsp;mare aux rats&nbsp;\u00bb,&nbsp; \u00ab&nbsp;mare rotuer&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab mare des champs&nbsp;\u00bb, \u00e9tangs de \u00ab&nbsp;Saint-Aubin&nbsp;\u00bb,&nbsp; du \u00ab&nbsp;trou sal\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;; tous ces noms r\u00e9v\u00e8lent un plateau aux&nbsp; terres non drain\u00e9es et difficiles \u00e0 travailler. C\u2019est cela qui expliquerait, selon Lucienne Coupet (a) dans son m\u00e9moire \u00ab&nbsp;Etude humaine de la r\u00e9gion d\u2019entre Limours et Versailles&nbsp;\u00bb, l\u2019installation des premiers occupants durant le haut Moyen \u00c2ge, dans un premier temps dans la vall\u00e9e et seulement dans un deuxi\u00e8me temps sur le plateau. La vall\u00e9e aux pentes douces, aux terres \u00e9goutt\u00e9es et plus l\u00e9g\u00e8res \u00e0 travailler que leurs instruments primitifs retournaient ais\u00e9ment, offre surtout le confort de sources abondantes (fontaines de Segraye et de Buhot -Billehou-).<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s un drainage artificiel sur tuiles, relativement r\u00e9cent (sous Louis XIV), ces terres tr\u00e8s fertiles deviennent plus faciles \u00e0 travailler.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette n\u00e9cessit\u00e9 de drainage perdure, comme en t\u00e9moignent par exemple les autorisations donn\u00e9es par la pr\u00e9fecture du d\u00e9partement de Seine-et-Oise en 1883 puis en 1889 \u00e0 Henri Caillat propri\u00e9taire. Celui-ci est ainsi autoris\u00e9 \u00e0 d\u00e9verser dans l\u2019aqueduc des Mineurs les eaux de drainage du terrain dont M. Dablin est locataire pour 5 ans au lieu-dit la Poulaillerie, aux confins d\u2019Orsigny. Autorisation d\u00e9gageant toute responsabilit\u00e9 de l\u2019administration au cas o\u00f9 il y aurait submersion et inondation par les eaux de l\u2019aqueduc, moyennant le paiement annuel de 1 franc.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui encore ce r\u00e9seau de drainage, mal localis\u00e9 faute de plan, doit \u00eatre entretenu face aux agressions li\u00e9es aux travaux pr\u00e9liminaires \u00e0 la construction du m\u00e9tro.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire d\u2019eaux se raconte aussi dans la vall\u00e9e avec l\u2019\u00e9nergie motrice que la M\u00e9rantaise apporte pendant des si\u00e8cles aux Moulin des Vassaux, Moulin Neuf et Moulin de la Tuilerie (l\u2019ancienne propri\u00e9t\u00e9 du duc de Windsor), mais cela fera l\u2019objet d\u2019une publication ult\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, une derni\u00e8re anecdote sur ce chapitre, celle du r\u00f4le inattendu et salvateur de la salle des sports transform\u00e9e en r\u00e9servoir naturel lors des inondations de 2007.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Puis, une histoire de concentration<\/h2>\n\n\n\n<p>Aux XVe et XVIe si\u00e8cles, une mosa\u00efque de fermes et de parcelles coexiste :<\/p>\n\n\n\n<p>Les champs de 1 et 2 arpents (1 arpent = 4000 m2) sont tr\u00e8s nombreux, les parcelles dispers\u00e9es. Le paysan mod\u00e8le son champ suivant l\u2019exigence de son outil, la charrue, qu\u2019il faut faire tourner au bout du sillon, entra\u00eenant l\u2019allongement des parcelles pour limiter les tournants (cf. plans terriers de 1768 n\u00b0 4, 5 et 8).<\/p>\n\n\n\n<p>La grande ferme (aujourd\u2019hui la ferme Vandame) compte jusqu&rsquo;\u00e0 7 exploitations en fermage, dont celle de Montigny (aujourd\u2019hui disparue) laquelle est compos\u00e9e de 16 champs, dans 12 lieux diff\u00e9rents depuis le Mesnil&nbsp;jusqu\u2019aux fonds de Toussus pour une surface de 45 arpents.<\/p>\n\n\n\n<p>La petite ferme (aujourd\u2019hui dans l\u2019enceinte du ch\u00e2teau) abrite 4 exploitations sur 170 arpents.<\/p>\n\n\n\n<p>La Poulaillerie compte 23 champs sur 60 arpents.<\/p>\n\n\n\n<p>Les successions entra\u00eenent de nouveaux morcellements, des saisies, des ventes forc\u00e9es dont profitent les abbayes, les gens d\u2019affaires ou encore les seigneurs que les d\u00e9valuations mon\u00e9taires n&rsquo;ont pas ruin\u00e9s. Se cr\u00e9ent alors des domaines importants lou\u00e9s \u00e0 des fermiers. Le faire-valoir direct se perd et toute une classe sociale disparait.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1603 les Dames de Port-Royal* poss\u00e8dent 342 arpents, et 419 en 1677.<\/p>\n\n\n\n<p>Michel Lucas, seigneur de Villiers, rach\u00e8te le fief de Montigny, une partie du fief du roi, et en 1657 le Moulin Neuf.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est son beau-fr\u00e8re et h\u00e9ritier Nicolas de Bartillat qui poursuit la concentration. Il d\u00e9tient 2 fermes et une bonne partie des pr\u00e9s de la vall\u00e9e, se retrouvant ainsi \u00e0 la t\u00eate de 781 arpents (312 ha),&nbsp;h\u00e9ritage lointain des 355 ha de Marie-H\u00e9l\u00e8ne Biver, propri\u00e9taire du ch\u00e2teau en 1948.<\/p>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re acquisition de la grande ferme a lieu au XIXe si\u00e8cle. Il s\u2019agit de la ferme de Port Royal**, mitoyenne de la grande ferme, dont l\u2019histoire m\u00e9rite d\u2019\u00eatre racont\u00e9e&nbsp;: le 2 novembre 1791, dans le cadre des nationalisations des biens religieux, les domaines nationaux adjugent&nbsp;la ferme de Villiers-le-B\u00e2cle propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019abbaye de Port-Royal lou\u00e9e \u00e0 Charles Fran\u00e7ois Pluchet au citoyen Flotte, de Versailles, avec ses 64 arpents.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette ferme est revendue en 1816 \u00e0 Pierre-Marie Pigeon d\u00e9j\u00e0 fermier dans les lieux depuis 1815. Son fils, fermier de la grande ferme semble-t-il, exploitera ensuite les deux.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard elle est rachet\u00e9e par le marquis des Monstiers-M\u00e9rinville qui vend le tout r\u00e9uni \u00e0 Henri Caillat en 1866, dans sa configuration d\u2019aujourd\u2019hui. Le fermier est M. Dablin. Le regroupement aura pris 350 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon p\u00e8re, Louis Vandame, succ\u00e8de \u00e0 M. Dablin en 1921.<\/p>\n\n\n\n<p>*Les religieuses de l\u2019abbaye de Port-Royal ont rang de seigneurs sur la plupart de leurs terres, on les appelle les&nbsp;\u00ab&nbsp;dames de Port-Royal&nbsp;\u00bb.<br>**Appel\u00e9e \u00ab&nbsp;petite ferme&nbsp;\u00bb de nos jours, ce qui peut pr\u00eater \u00e0 confusion avec la petite ferme faisant partie du ch\u00e2teau.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des pratiques en \u00e9volution<\/h2>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019au XVIIe si\u00e8cle, le cens (fermage) ne varie jamais et n\u2019est pas limit\u00e9 dans le temps. Le locataire d\u2019une maison paie par exemple tous les ans une poule ou un chapon. S\u2019il loue une terre, un imp\u00f4t bas\u00e9 sur la production,&nbsp; des gerbes de \u00ab&nbsp;bled&nbsp;\u00bb, terme qui a un sens large (froment, m\u00e9teil ou seigle). Le seigle est pr\u00e9cieux car il donne une paille longue, pratique pour les toits de chaumes.<\/p>\n\n\n\n<p>Exemple en 1516 : 2 arpents et demi de terre en \u00ab&nbsp;larris&nbsp;\u00bb (c\u00f4teaux) sont baill\u00e9s \u00e0 Jacques Bernard pour \u00ab&nbsp;8 sols de cens, 2 poules de rente et un g\u00e2teau&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>A partir du XVIIe si\u00e8cle, le seigneur remplace le cens perp\u00e9tuel -qui rendait le roturier maitre de la tenure -, par un bail \u00e0 courte \u00e9ch\u00e9ance en imposant des m\u00e9thodes de rentabilit\u00e9. Il exige l\u2019assolement triennal&nbsp;: bled, avoine et jach\u00e8re. Il l\u2019oblige \u00e0 conserver la paille au lieu de la vendre, pour en faire de la liti\u00e8re qui servira \u00e0 la fumure des champs. Le laboureur s\u2019aper\u00e7oit vite des bienfaits de ces changements.<\/p>\n\n\n\n<p>On passe \u00e0 des baux de 3, 6 et 9 ans, et les loyers augmentent r\u00e9guli\u00e8rement suite \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des rendements.<\/p>\n\n\n\n<p>La vaine p\u00e2ture est \u00e0 l\u2019honneur apr\u00e8s les moissons (usage qui permet de faire pa\u00eetre ses b\u00eates en dehors de ses terres). Ainsi en 1748, le propri\u00e9taire de la petite ferme demande&nbsp;\u00ab&nbsp;souffrir que les 200 b\u00eates de laine de la petite ferme p\u00e2turent sur les terres de la grande ferme&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En 1899, il y avait 1000 moutons sur les deux fermes de Villiers, et plus que 150 en 1948.<\/p>\n\n\n\n<p>Au milieu du XIXe, la culture de la betterave \u00e0 sucre vient remplacer la jach\u00e8re. Des distilleries apparaissent \u00e0 Orsigny, Toussus, Saint-Aubin, Trappes, Guyancourt et Villiers o\u00f9 M. Dablin, le fermier de la grande ferme, installe la sienne en 1866. Il conserve 10 chevaux, rempla\u00e7ant les autres par 40 b\u0153ufs jug\u00e9s plus efficaces pour charrier les betteraves. Des ouvriers belges viennent faire la campagne de betteraves de mai \u00e0 novembre, log\u00e9s dans la bouverie et dans les granges.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a 35 ouvriers agricoles \u00e0 Villiers en 1948.<\/p>\n\n\n\n<p>Le XXe si\u00e8cle voit arriver \u00e0 Villiers une forte immigration de Serbes, Yougoslaves, Russes, Polonais et Tch\u00e8ques qui viennent combler le d\u00e9ficit d\u2019une main d\u2019\u0153uvre locale attir\u00e9e par les salaires de l\u2019industrie. En 1946, on compte \u00e0 Villiers 59 \u00e9trangers sur une population de 217 habitants.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">En conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>On mentionnera l\u2019expropriation de mademoiselle Biver en 1949, de 50 ha situ\u00e9s derri\u00e8re la ligne des sapins autour de l\u2019\u00e9tang de Saint-Aubin, endroit appr\u00e9ci\u00e9 des moutons, par le Commissariat \u00e0 l\u2019Energie Atomique&nbsp;; op\u00e9ration annonciatrice des \u00e9v\u00e9nements actuels sur le plateau de Saclay.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es soixante, la ferme Vandame est la derni\u00e8re sur le plateau \u00e0 abandonner \u00e9levage et animaux pour la culture des c\u00e9r\u00e9ales, et dans les ann\u00e9es 2000 la premi\u00e8re \u00e0 se convertir \u00e0 l\u2019agriculture biologique.<\/p>\n\n\n\n<p>Un article ult\u00e9rieur sera consacr\u00e9 aux fermes de la vall\u00e9e orient\u00e9es sur l\u2019\u00e9levage et la pension des chevaux.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Bruno Vandame<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\" style=\"font-style:normal;font-weight:200\">(a) Lucienne Coupet a r\u00e9dig\u00e9 ce m\u00e9moire de 3e cycle sous l\u2019autorit\u00e9 de Roger Dion, professeur \u00e0 la Sorbonne et membre du Coll\u00e8ge de France. Elle s\u2019est install\u00e9e dans le ch\u00e2teau o\u00f9 dormaient 500 ans d\u2019archives avant que celles-ci ne soient jet\u00e9es \u00e0 la benne dans les ann\u00e9es 90. Elle est la fille de Lucien Coupet, c\u00e9l\u00e8bre aviateur ayant habit\u00e9 Ch\u00e2teaufort, et, par sa m\u00e8re, la petite-fille d\u2019Ad\u00e8le et de Jean-Marie Thierry, qui tenaient l\u2019une le restaurant et l\u2019autre la forge de Villiers. Sa fille Laurence Marcouly nous a tr\u00e8s aimablement autoris\u00e9 \u00e0 explorer et diffuser cet ouvrage.<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Proposition : on pourrait illustrer cet article par une double page centrale du plan de Villiers de 1768, le plan terrier no1 du centre du village identifiant 4 fermes : la grande ferme, la&#46;&#46;&#46;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-405","page","type-page","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/405","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=405"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/405\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1255,"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/405\/revisions\/1255"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=405"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=405"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/evangeo.com\/villiers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=405"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}